Excellence, Monsieur l’Ambassadeur du Liban en France, Monsieur Rami ADWAN,

Madame la Sénatrice, Madame Christiane KAMMERMANN,

Chers membres du Cercle, 

Chers amis,

C’est le Liban qui nous réunit ce soir et je vous remercie vivement, Monsieur l’Ambassadeur, de nous faire l’honneur de votre présence.

Vous avez choisi de nous parler des liens historiques extrêmement forts et durables qui unissent nos deux pays à travers l’Alliance France-Liban, depuis St Louis jusqu’à nos jours. Et nous vous écouterons tout à l’heure avec le plus grand intérêt.

Je tiens aussi à remercier chaleureusement le Professeur Sami Paul TAWIL, membre très fidèle du Cercle, à qui l’on doit l’initiative de cette soirée.

A celles et ceux qui participent pour la première fois aux activités du Cercle, et je m’en réjouis, je préciserai que le Cercle Richelieu-Senghor, que je préside depuis octobre dernier, est un espace d’échange et de réflexion sur la Francophonie et le dialogue des cultures.

Le Cercle a pour objectif, à travers ses dîners-débats mensuels au Sénat, de refléter la présence et la diversité de la Francophonie surles cinq continents. Le Cercle entend également donner la parole aux différents acteurs de la Francophonie, sans oublier le monde de l’entreprise.

Ce soir c’est donc le Liban qui est à l’honneur. Le Liban qui occupe une place essentielle sur l’échiquier francophone, à la fois pour des raisons historiques, et je rappellerai seulement que Charles Hélou, ancien Président du Liban, fut l’un des pionniers de la Francophonie institutionnelle dans les années 70 ; place essentielle du Liban aussi pour des raisons géographiques, puisque le pays constitue l’un des quatre piliers sur lesquels repose l’édifice francophone : il incarne la francophonie au Proche Orient, aux côtés des trois autres piliers que sont la francophonie d’Europe, d’Afrique, et d’Amérique du Nord.

En novembre dernier, la romancière acadienne Antonine Maillet, lauréate en son temps du prix Goncourt, a inscrit dans notre livre d’or une phrase que j’ai plaisir à vous citer : elle y évoque « la francophonie qui englobe la planète tel un collier de perles rares ». Et pour reprendre son image je dirais que le Liban est l’une des perles qui composent ce précieux collier. Poètes et écrivains ont célébré le Liban: Lamartine, Gérard de Nerval, ou St Exupéry, pour ne citer qu’eux, qui ont rapporté leur enchantement dans leurs carnets de voyage, louant l’hospitalité des habitants, la beauté des paysages ou la douceur du climat.

Mais je voudrais maintenant vous dire ce qu’évoque pour moi le Liban. J’en retiendrai trois facettesprincipales :

La 1ère c’est ce que j’appellerai la dimension universelle du Liban. A partir d’une base géographique restreinte les Libanais se sont déployés à travers le monde. Dans l’antiquité déjà, les Phéniciens avaient établi leurs comptoirs sur l’ensemble du pourtour méditerranéen. Et aujourd’hui la diaspora libanaise s’étend bien au-delà: sur les côtes d’Afrique de l’ouest, au Québec, aux Etats-Unis, au Brésil, en Amérique latine notamment. Un essaimage pacifique lié le plus souvent à des activités commerciales, mais il faut noter aussi qu’on retrouve beaucoup de Libanais à des postes clés dans les pays où ils sont présents.

Et je ne citerai que deux exemples de réussites libanaises en France : d’abord celle de Carlos Ghosn qui a bâti l’alliance Renault-Nissan, gigantesque défi culturel, devenue en 2017 le 1er constructeur automobile mondial.

L’autre exemple est celui de la compagnie maritime CMA-CGM, l’un des plus grands armateurs du monde, fondé par Jacques Saadé à Marseille en 1978.

Après cette 1ère facette d’un Liban résolument tourné vers l’extérieur, la 2ème évocation, pour moi, complémentaire, c’est celle d’un Liban terre d’accueil. Si le Liban a une réputation d’hospitalité pour le visiteur, il a aussi accueilli des vagues de migrants aux heures difficiles de l’histoire, et c’est encore particulièrement le cas aujourd’hui où les réfugiés syriens représentent près du quart de la population du pays, ce qui constitue un défi colossal. Cependant, confronté à des situations extrêmes, le Liban a toujours su faire preuve d’une immense capacité de résilience, en se remettant sur pied après les pires épreuves, tel le phénix renaissant de ses cendres. Et vous l’aurez sans doute noté comme moi : phénix, Phénicien : la proximité des mots ne relève sûrement pas du hasard.

La troisième évocation, et cela vous paraîtra peut-être un cliché, c’est l’image du cèdre. D’abord il faut noter que rares sont les pays ayant choisi de faire figurer un végétal sur leur emblème national : il n’y a guère que le Canada avec la feuille d’érable, et le Liban avec le cèdre.

Et ce cèdre, au-delà de la dimension esthétique qu’il confère au drapeau, me paraît chargé de valeurs hautement symboliques : symbole de longévité (Ne dit-on pas que certains cèdres sont âgés de plus de 2000 ans ?), symbole de paix et de liberté, symbole aussi de respect de la nature et de l’environnement.

Voilà donc ce qu’évoque pour moi le Liban, à la fois pays au rayonnement universel, terre d’accueil et d’hospitalité, sous la protection du cèdre bienveillant, gage d’un Liban éternel.

Bien sûr ceci est une vision très personnelle, et aussi très partielle : j’aurais pu y ajouter la gastronomie libanaise, les vins déjà réputés au temps des Phéniciens, la littérature et l’académicien Amin Maalouf, la haute couture d’Elie Saab, que sais-je encore ?

Bref, le Liban est un sujet inépuisable mais avant de vous avoir épuisés je voudrais vous laisser à vos échanges que je souhaite chaleureux et enrichissants.