Madame Fabienne REUTER / Les francophones de Belgique et la Francophonie

Madame Fabienne REUTER
Madame Fabienne REUTER

Madame Fabienne Reuter, Déléguée générale de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Wallonie à Paris, est intervenue devant les membres et amis du Cercle Richelieu Senghor sur le thème : « Les Francophones de Belgique et la Francophonie», le mardi 2 avril 2019, dans les salons du Sénat.

Madame Reuter a tout d’abord rappelé l’engagement de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans le mouvement francophone, ainsi que son engagement personnel depuis plus de 30 ans. La FWB est le 3ème bailleur de fonds de la Francophonie, ce qui en fait le principal contributeur par habitant !

La Belgique, créée en 1830, est devenue un Etat fédéral dont l’organisation originale repose sur 2 notions :

  1. Les personnes : leur langue, leur culture , leur santé, ce sont les Communautés : française (Fédération Wallonie-Bruxelles), flamande, germanophone
  2. L’approche territoriale : ce sont les Régions, Wallonie, Bruxelles, Flandre

De réforme en réforme, de 1970 à 2013, les compétences des Communautés et Régions vont s’accroître.

C’est dans le dialogue que ces réformes ont pu être menées… Ce fédéralisme qui peut sembler lourd à certains a été le garant de la paix  et de l’unité du Pays !

Un principe fondamental : la notion de compétence exclusive 

Il n’y a pas de Ministre national de la culture, de l’éducation, de l’aménagement du territoire….

Ce principe des compétences exclusives a pour conséquence la prolongation de la compétence au plan international. Le Ministre de l’entité fédérée est le seul pouvant négocier avec ses pairs.

Cette large autonomie en matière de relations internationales a conduit les gouvernements de la Fédération Wallonie-Bruxelles en partenariat avec la Wallonie à mettre en place un réseau de Délégations générales.

Paris a été la deuxième , en 1985, après Québec en 1982.

POURQUOI LE CHOIX DE LA FRANCOPHONIE ?

La FWB regroupe tous les francophones de Belgique, les wallons et les francophones, encore largement majoritaires, de Bruxelles.

Les francophones de Belgique sont à présent une minorité qui peut craindre de voir sa langue et sa culture menacée (exemple du danger : l’anglais langue commune). Ils sont 4,5 millions (dont 1,1 à Bruxelles), sur une population de 11, 5 millions d’habitants.

Il y a aussi une raison stratégique et politique de positionnement sur la scène internationale : l’OIF est la seule OI au monde qui accueille comme membres, sur un strict pied d’égalité, les Etats et les gouvernements. Il était donc essentiel de pouvoir en être membre à part entière afin d’exister sur la scène internationale.

Fabienne Reuter rappelle l’attachement historique à la France et à la langue française, notamment à travers la principauté épiscopale de Liège.

QUELQUES ELEMENTS D ’HISTOIRE DE LA FWB EN FRANCOPHONIE

Fabienne Reuter relate l’histoire de la construction de la Francophonie, et la place de la Belgique dans ce processus. Une étape déterminante est franchie avec le sommet de Hanoï (1997) où Boutros Boutros Ghali devient Secrétaire général, et choisit le Belge Roger Dehaybe comme administrateur général.

La FWB joue pleinement son rôle au sein de la Francophonie. Les priorités sont fixées : Paix et Droits de l’homme, égalité femme /homme, diversité culturelle, économie numérique et innovation. La FWB cible particulièrement la langue française, son enseignement (soutien à la FIPF présidée par M. JM Defays) et sa place dans l’union européenne, où il y a urgence (cf texte adopté à Erevan)

REFLEXIONS A PARTAGER

En 2020, à Tunis, la Francophonie fêtera le 50ème anniversaire de sa fondation dans le pays d’un de ses pères fondateurs, Habib Bourguiba. Oui, que de chemin parcouru !

Le nombre de pays qui veulent participer est étonnant. Cet élargissement n’est pas sans danger.

Aujourd’hui, l’OIF compte 88 membres. 54 membres de droit, 7 membres associés,  27 observateurs…

Nous sommes loin des 21 de Niamey !

Près de la moitié des membres des Nations Unies ! Devons-nous nous en réjouir ?

Dans cet ensemble il faut se rappeler que 33 pays seulement ont la langue française comme une des langues officielles…

Quelles perspectives, à l’heure où le multilatéralisme est en crise ?

Quelles sont les valeurs qui unissent réellement les membres ?

Sachant les budgets plus que modestes, quels objectifs majeurs doit poursuivre l’organisation ?

Que voulons-nous (et pouvons-nous) faire ensemble, que les autres organisations ne feront pas pour nous ?

La Fédération Wallonie-Bruxelles entend bien accompagner activement la nouvelle Secrétaire générale de la Francophonie dans l’écriture de cette nouvelle feuille de route, « une nouvelle page d’espoir que nous allons écrire ensemble » !

Pour terminer Fabienne Reuter tient à remercier et saluer la France, pour son implication et sa mobilisation constantes et croissantes. Mon idée pour le Français du Président Macron en est un exemple, mais le foisonnement des activités de la JIF en est un autre. Impressionnant ! A cet égard Fabienne Reuter remercie  le CESE et particulièrement Marie Beatrice Levaux.  Enfin, elle remercie ses collègues et amis ambassadeurs du GAFF pour leur présence et leur soutien.

***Fabienne Reuter est officier dans l’Ordre national du Mérite, en France et a reçu la Médaille de la Francophonie des mains de M. Abdou Diouf.


Intervention de Fabienne Reuter :

Monsieur le Président,

Excellences Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,

Chers amis,

Monsieur le Président

Permettez-moi, tout d’abord de vous remercier de votre invitation. C’est un honneur de pouvoir parler devant vous de la FWB et de la Wallonie, donc de la Belgique francophone, et de Francophonie.

Francophonie, qui est une histoire de militants en fait et qui ne  peut pas se vivre comme une autre OI. Elle a fait partie de ma vie depuis plus de 30 ans. C’est un peu l’histoire d’Obélix qui est tombé dans la potion magique. Et cela autant dans la période des déboires que des espoirs.

Je ne crois pas devoir convaincre les membres de cette assemblée de l’engagement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, donc des francophones de Belgique dans le mouvement francophone.

Les projets portés par nos institutions et nos experts sont nombreux et visibles et vous connaissez l’importance de notre contribution ; la FWB est le 3ème bailleur de fonds de la francophonie !Ce qui en fait le principal contributeur par habitant.

Ce sont les raisons profondes d’une telle mobilisation qu’il me semble intéressant de commenter avec vous.

MAIS TOUT D’ABORD, QUI SOMMES -NOUS ?

Qui est cette FWB dont on parle et que sans doute vous avez du mal à situer par rapport à la Belgique ?  Et surtout surtout : rassurez -vous : nous sommes tous bien belges et nous revendiquons-  tous comme tels, qu’on soit du Nord, flamands, ou du sud, wallons ! Et j’irai plus loin encore, nous nous apprécions mutuellement et nous travaillons parfaitement ensemble. Nous pouvons même être amis ! , ce que peu de journalistes arrivent à imaginer..

Par exemple, ici à Paris, nous nous concertons régulièrement, mon collègue flamand, l’Ambassadeur   de Belgique, et moi.  L’Ambassadeur n’est pas notre chef et- nous sommes autonomes dans nos domaines de compétences en application d’un accord entre le Ministère fédéral des Affaires étrangères et les gouvernements des entités fédérées.

Quelques éléments très brefs car je ne veux pas donner un cours institutionnel, il s’agit  plutôt des grilles de lecture

La BE a été créée  en 1830. Elle est devenue un Etat fédéral, composé de communautés et de régions.

Son organisation institutionnelle est originale, elle repose sur 2 notions

Les personnes : leur langue, leur culture, leur santé : les Communautés.

La Communauté française que nous appelons la Fédération Wallonie Bruxelles  qui regroupe les francophones de Wallonie et de Bruxelles

La Communauté Flamande ; les Flamands de Flandres et de Bruxelles

La petite Communauté germanophone : 80.000 habitants en Province de Liège

L’approche territoriale : les Régions

La Région wallonne, la Région de Bruxelles et la Région de Flandres

La première étape de cette organisation : la réforme de 1970 qui reconnait une certaine autonomie aux Communautés pour la gestion de la politique culturelle.

De réforme en réforme, six réformes de 1970 à 2013, les compétences des Communautés et Régions vont s’accroitre.

C’est dans le dialogue que ces réformes ont pu être menées… Il ne faut jamais  perdre de vue que ce fédéralisme qui peut sembler lourd à certains a été le garant de la paix  et de l’unité » du Pays !

Le budget des entités fédérées représente aujourd’hui 51 % de l’ensemble des budgets belges.

Les Communautés et Régions ont leur propre Assemblée et gouvernement.

Un principe fondamental à retenir : la notion de compétence exclusive !

Il n’y a pas, par exemple de Ministre national de la culture, de l’éducation, de l’aménagement du territoire….

Ce principe des compétences exclusives a pour conséquence la prolongation de la compétence au plan international ! Le Ministre de l’entité fédérée est le seul pouvant négocier avec ses pairs !

Ainsi, même aux Conseils européens, depuis 1993, ce sont les Ministres des entités fédérées qui siègent au nom de la Belgique dès lors que l’on traite de sujets relevant de leurs compétences.

C’est cette large autonomie en matière de relations internationales qui a conduit les gouvernements de la Fédération Wallonie-Bruxelles en partenariat avec la Wallonie à mettre en place un réseau de Délégations générales .

Paris a été la deuxième , en 1985, après Québec en 1982 !  Elle s’appelait d’ailleurs DG aux affaires multilatérales   francophones. Déjà tout un programme !

Alors , POURQUOI LE CHOIX DE LA FRANCOPHONIE ?

La FWB regroupe donc tous les francophones de Belgique, les wallons et  les Francophones, encore largement majoritaires de Bruxelles. Il faut se rendre compte que les francophones de Belgique sont à présent une minorité qui peut craindre de voir sa langue et sa culture menacée (exemple du danger l’anglais langue commune, )

C’est une raison majeure de notre investissement total en Francophonie depuis longtemps, car il s’agit là, comme la France de notre  espace naturel, sur tous les plans, la langue, la culture, les valeurs humaines qui la sous -tendent.

Une autre raison vous l’aurez compris a été une raison stratégique et politique de notre positionnement sur la scène internationale ; l’OIF est la seule OI au monde qui accueille comme membres, sur un strict pied d’égalité, les Etats et les gouvernements. Il était donc essentiel dans l’exercice de notre compétence à l’international, de  pouvoir en être membre à part entière afin d’exister sur la scène internationale.

Dans cette Belgique de 11, 5 millions d’habitants, comme je l’ai dit plus haut ,  les francophones sont, de fait, une minorité.

Une minorité certes importante, 48 % mais une minorité au Parlement fédéral…

4,5 millions de francophone dont 1,1 de francophones de Bruxelles. Bruxelles qui, si vous regardez une carte est située en territoire flamand.

La crainte de subir une majorité non francophone et de voir disparaître sa langue et sa culture, et l’attachement historique à la France et à sa langue , quelques raisons qui expliquent l’implication très tôt des intellectuels et responsables politiques dans la construction du projet de la francophonie.

Ainsi, un exemple parlant, .. et que la liégeoise  que je suis, aime rappeler ;

Du 10ème siècle au 18ème, Liège était la capitale d’une Principauté épiscopale, la Principauté de Liège, qui représentait à peu près la moitié du territoire wallon d’aujourd’hui.

Tout au long de son histoire, la Principauté a entretenu des contacts avec la France au point qu’en 1789, les révolutionnaires liégeois engagés contre le régime du Prince Evêque et les révolutionnaires français rédigeaient ensemble leurs déclarations.

En 1793, la nouvelle Assemblée élue votait le rattachement à la France qui ne deviendra effectif qu’en 1795, sous la Convention !

Liège, première ville à recevoir la légion d’honneur pour avoir résisté  le plus longtemps possible aux envahisseurs  allemands en 1914.. afin de permettre aux forces françaises de s’organiser.

Ces chapitres de notre histoire pour illustrer l’attachement historique de nombreux Wallons au pays porteur de la langue française.

Mais, surtout, c’est un projet culturel que nous proposent les fondateurs et c’est cette dimension culturelle du projet qui a tout d’abord mobilisé les belges francophones.

De tous temps, nos créateurs ont été, à leur manière, les porteurs et les porte-paroles de notre langue commune.

Simenon, Jacques Brel, Maurane, Adamo, François Weyergans, Maurice  Maeterlink, Henri Michaux, Pierre Mertens, Amélie Nothomb pour ne citer qu’eux, ont porté et portent  fort et loin la langue française.

De plus, la Francophonie, dès le départ, est porteuse d’un projet profondément politique et humaniste : la langue française comme outil de dialogue entre les peuples, bref, une langue de partage donc pour la paix !

QUELQUES ELEMENTS D ’HISTOIRE, DE LA FWB EN FRANCOPHONIE

En 1950, des journalistes de chez nous sont aux côtés des fondateurs de l’UIJPLF 

en 1960, le Recteur de l’Université de Liège, est un des 40 fondateurs de l’AUPELF, aujourd’hui l’AUF.

Notre Ministre de l’Education française participera aux travaux de la Confemen dès 1960

notre Ministre de la Jeunesse et des sports dès la mise sur pieds de la Confejes en 1969.

En mai 1967, des parlementaires francophones belges participent aux premiers travaux de l’AIPLF.

Puis un tournant majeur avec LA CREATION DE L’ACCT 20 MARS 1970, la première coopération intergouvernementale

Dès  ce moment,  l’engagement des responsables politiques francophones belges est à souligner.

En effet,  si la Belgique est, aujourd’hui un Etat fédéral, en 1970 au moment de la Création de l’ACCT par 21 pays, la Belgique est encore un Etat unitaire. C’est donc la Belgique qui adhère au traité de Niamey mais c’est notre Ministre de la culture française qui la représente.

Les francophones de Belgique, experts, politiques, créateurs, accompagneront la mise en place et le développement de l’Agence et votre ancien Président, Simon-Pierre Nothomb en sera le Secrétaire général adjoint de 1976 à 1979.

En 1970, déjà, des budgets distincts sont réservés pour la culture et l’éducation de chaque communauté et c’est sur ces budgets uniquement francophones qu’est imputée la cotisation à l’Agence bien que calculée sur la totalité de la population belge…

C’est encore la situation aujourd’hui et la Belgique, membre de l’OIF ne paye aucune cotisation…la Fédération Wallonie-Bruxelles qui représente 4,5 millions d’habitants s’acquitte d’une cotisation pour 11,5 millions.

Je tiens à souligner ici que les relations de la FWB et de la Belgique au sein des instances de l’OIF sont excellentes et que j’entretiens avec l’Ambassadeur fédéral des liens de véritable collaboration.

Du reste nonobstant cette question de la cotisation, nous sommes heureux que la Belgique, par sa participation, affirme son identité francophone ! On est toujours plus fort à deux !

De plus dans le cadre de notre fédéralisme, les entités fédérées et l’Etat fédérale ont développé une culture de dialogue et de recherche d’équilibres et de créativité institutionnelle souvent appréciée en francophonie…(smiley) . cela nous rend créatifs..

La création de l’AIMF en 1979 représentera un nouvel espace de coopération pour plusieurs villes de chez nous notamment, Bruxelles et Liège.

En 1984 TV5 est fondée, notamment par la RTBF qui est membre du consortium et l’Administrateur général participe aux instances de direction.

LE SOMMET DE PARIS 1986

L’autre étape fondamentale pour l’ensemble des francophones mais particulièrement pour les francophones de Belgique est l’organisation du Sommet de Paris en 1986.

Le Président Mitterrand a décidé d’organiser un premier « Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des pays ayant en commun l’usage du français ». Il n’a pu le faire, qu’une fois les négociations entre Canada et Québec abouties, pour permettre au Québec de siéger.

Avec l’accord du gouvernement fédéral , la Communauté française de Belgique, siègera comme « membre à part entière ». Le Québec comme « gouvernement  participant » aux côtés du Canada membre

C’est un véritable tournant pour l’exercice de nos compétences internationales !

Depuis 1980 nous avons essayé de convaincre bien des partenaires de notre capacité juridique de développer nos propres relations internationales… Beaucoup de pays étaient sceptiques !

Le Sommet de Paris avec nos deux délégations a constitué une vitrine extraordinaire de notre capacité institutionnelle et, à partir de ce moment, bien des coopérations bilatérales ont pu être nouées.

Avec les Sommets la francophonie entre dans une nouvelle phase de sa construction en affirmant sa dimension politique.

Progressivement, de Sommet en Sommet, de nouveaux domaines de coopération seront développés que la FWB va accompagner voire porter !

LE SOMMET DE HANOI 1997

C’est la réforme de Hanoï en 1997 et l’élection d’un Secrétaire général à profil politique qui a conduit à une étape décisive !

Il choisit son administrateur général  : le belge Roger Dehaybe ; l’homme dont on peut dire qu’il a fait exister la CFB /FWB  en francophonie. Ce duo d’exception était le tandem rêvé pour faire fonctionner cette Francophonie nouvelle !

Boutros Boutros Ghali ,fort de son expérience d’ancien Secrétaire général de l’ONU, multipliera les contacts et collaborations avec les organisations internationales et régionales.

Il entend placer la francophonie au centre du débat mondial pour le multilinguisme.

C’est lui qui initie le partenariat avec le Commonwealth, avec les hispanophones, avec les lusophones.

Ainsi, la Francophonie francophones se conjugue dorénavant avec le temps du multilinguisme.

C’est bien cette démarche qui conduira la Francophonie à organiser en 2002,à Cotonou, une Conférence des Ministres de la culture qui, la première, proposera l’adoption par l’Unesco d’une convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.

La Fédération Wallonie-Bruxelles était au cœur de ce combat non seulement par l’administrateur général, Roger Dehaybe, mais aussi par des artistes, des  experts de la Fédération et de nombreuses associations.

Abdou Diouf a soutenu la bataille pour faire adopter cette convention à l’Unesco et elle sera adoptée à une écrasante majorité en octobre 2005. Chacun reconnaît que c’est la Francophonie qui a permis ce résultat. Roger Dehaybe poursuit son mandat avec Abdou Diouf jusqu’en 2005. Le québécois Clément Duhaime lui succèdera.

QUELQUES  PRIORITÉS :

Dans l’Axe paix démocratie , Droits de l’Homme , volet essentiel de l’action de l’OIF, La FWB joue un rôle particulièrement actif dans  l’égalité femmes hommes et la prévention de la radicalisation.

La FWB a pris une place particulière dans la création du réseau FrancoPrev un réseau de prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents lancée à Bruxelles le 13 décembre dernier.

L’éducation, préalable à tout développement et à une vie culturelle , économique et sociale reste la première priorité. De même pour la formation.

La culture et la défense de la diversité culturelle restent bien sûr au cœur de nos préoccupations depuis l’origine et nos créateurs : chanteurs, écrivains, comédiens sont aussi à leur façon des acteurs de la francophonie …

Un autre cheval de bataille est le numérique et l’innovation et c’est grâce à la persévérance de la FWB et de l’OIF qu’un réseau francophone de l’Innovation « Finnov « a été lancé officiellement en FWB .

Un volet valorisation de la recherche , indispensable à l’autonomie économique des pays a  été ajouté au Reseau FINNOV lors du dernier Sommet, à l’initiative de la FWB et de l’AUF.

La francophonie économique est aussi source de mobilisation pour nos entreprises et l’échange que  nous avons eu ici même avec le VP du MEDEF a été passionnant ! Nous nous impliquerons  dans leur projet vers Tunis !

Nous sommes également actifs dans les programmes emploi et ’entreprenariat des jeunes , à l’OIF comme au sein de la CONFEJES.:

Avec l’agence universitaire notre collaboration est également importante,

Dans ses priorités, la FWB cible son action sur la langue française et son appui à la FIPF (dont le président est JM Defays) et participe à un grand nombre d’actions en faveur de l’apprentissage, mais aussi de formation  et de plaidoyer au sein de l’UE.

La FWB a contribué à l’adoption par l’OIF d’un plan d’action pour le français dans l’Union européenne et à l’adoption à Erevan d’un plaidoyer pour la langue française et le multilinguisme  dans l’UE.

Une urgence, à nos yeux !  En 1973, quand le Royaume-Uni est entré dans l’UE, 60% des documents de la Commission européenne étaient rédigés en français . Aujourd’hui, ils sont en anglais à 82%, et seulement à 3% en français.

DES TÉMOINS, DES ACTEURS

Derrière  les actions, il y a toujours des acteurs//  J’en citerai quelques -uns qui ont accompagné la francophonie depuis sa création…              

J’ai déjà cité Simon-Pierre Nothomb.

Roger Dehaybe, administrateur général de la francophonie de 1988 à 2005.

Jean-Marc Defays est le Président de la Fédération Internationale des Professeurs de Français.

Mais surtout ce sont des centaines de belges francophones militants de la francophonie qui sont mobilisés dans les projets développés par les institutions de la francophonie ou tout simplement pour défendre notre langue…

C’est un compatriote qui parle parfaitement l’anglais que je veux citer : Stromae !

« Je n’envisage pas du tout de chanter en anglais dans un futur proche ou moyen…

Je pense que ça se ressent musicalement quand on entend quelqu’un qui s’exprime dans une autre langue que la sienne…

La sonorité des mots a plus d’importance encore que le sens…

ET MAINTENANT…                                          

RÉFLEXIONS A PARTAGER

Je voudrais, maintenant, partager avec vous quelques réflexions…

En 2020, à TUNIS, la Francophonie fêtera le 50è anniversaire de sa fondation dans le pays d’un de ses pères fondateurs, Habib Bourguiba ! Oui, que de chemin parcouru !

Le nombre de pays qui veulent participer est étonnant. Cet élargissement n’est pas sans danger.

Aujourd’hui, l’OIF compte 88 membres. 54 membres de droit, 7 membres associés,  27 observateurs…

Nous sommes loin des 21 de Niamey !

Près de la moitié des membres des Nations Unies ! Devons-nous nous en réjouir ?

Dans cet ensemble il faut se rappeler que 33 pays seulement ont la langue française comme une des langues officielles…

Si le français n’était plus un des fondements de l’organisation, cela signifierait que la seule différence, par exemple avec l’Unesco serait le nombre de membres….

Dans la réflexion quant aux adhésions, nous devons réaffirmer que, même comme observateurs, seuls peuvent adhérer à la francophonie les pays qui remplissant les conditions quant au statut de la femme,  la démocratie, , les DH  et bien  évidemment, l’apprentissage et la  pratique de la langue française !

Alors, quelles PERSPECTIVES dans cette période de CRISE DU MULTILATÉRALISME ?

Le multilatéralisme est en crise. Enlisement du cycle de Doha, blocages fréquents à l’Onu, tensions entre pays européens…

Et l’OIF ?

Quelles sont les valeurs qui unissent réellement les membres ? Le débat sur l’adhésion de certains observateurs permet de douter d’une vision encore commune…

Sachant nos budgets plus que modestes, quels objectifs majeurs doit poursuivre l’organisation ?

 Que voulons-nous (et pouvons-nous) faire ensemble, que les autres organisations ne feront pas pour nous ?

Bref, faire ce qu’aucun pays ne peut faire seul, et ce qu’aucune autre organisation ne fera pour nous. Et que pouvons-nous faire avec nos moyens financiers pour relever les défis de la mondialisation ?

 Tous les secteurs doivent- ils continuer à être traités ou ne devrait-on pas en revenir à quelques priorités ?          

LA FEDERATION WALLONIE-BRUXELLES ?

Cette réflexion fondamentale sur la vision stratégique de l’organisation, ses missions adaptées, son périmètre et sa gouvernance,  à la veille de son 50è anniversaire a été co- portée par la FBW et ses partenaires dont plusieurs sont ici ; et décidée par le Sommet d’Erevan.

Un  GT  piloté par la SG et sa conseillère à la stratégie notre amie l’Ambassadrice  Vanessa Lamothe Matignon, va être mis en place J’y prendrai part pour la FWB .

La Fédération Wallonie-Bruxelles entend bien accompagner activement la nouvelle Secrétaire générale dans l’écriture de cette nouvelle feuille de route.

Le premier CPF avec notre nouvelle SG a été à cet égard extrêmement encourageant. Notre nouvelle SG est une femme remarquable  et elle ouvre la route ! la FWB se réjouit que l’Afrique, ait retrouvé sa place à la tête de la Francophonie , où elle est née et où elle est si bien portée.

Evoquant le rôle de l’Afrique Je ne peux m’empêcher ici de  souligner le rôle prépondérant pendant ses trois mandats à la tête de l’organisation du Président Abdou Diouf ! Cet homme , ce grand sage, d’une qualité exceptionnelle ! Je suis fière de compter au nombre de ses amis  et d’avoir reçu de ses mains la Médaille  de la Francophonie !

 Louise Mushikiwabo  se montre  concrète, concise, déterminée à rendre l’organisation  agissante, visible et pertinente mais aussi agile et réactive.  A la rendre utile pour notre jeunesse et nos populations. Sur le plan   politique, elle sera plus que jamais porteuse de solidarité et des valeurs démocratiques et humanistes dont notre monde a tant besoin.

C’est une nouvelle page d’espoir que nous allons écrire ensemble !

Avant de terminer je voudrais dire deux choses :

Remercier et saluer la France, pour son implication et sa mobilisation constantes et croissantes. Mon idée pour le Français du Président Macron en est un exemple, mais le foisonnement des activités de la JIF en est un autre. Impressionnant ! Vous me permettrez  à cet égard de saluer et de remercier  le CESE et particulièrement Marie Beatrice Levaux !

Et enfin, je veux remercier mes collègues et amis ambassadeurs du GAFF pour leur présence et leur soutien. Je suis honorée d’en être la co-fondatrice et la VP. C’est une autre et magnifique aventure francophone que ce groupe, mais cela sera une autre histoire pour notre  Cercle.

Ce cercle que vous rendez tellement dynamique et intéressant cher Président ! Merci pour votre attention.

Le Livre d'or du Cercle, le 2 avril 2019
Le Livre d’or du Cercle, le 2 avril 2019

Introduction d’Alban Bogeat :

Excellence, Monsieur l’Ambassadeur du Sénégal, cher M. Sene

Excellence, Monsieur l’Ambassadeur représentant l’Arménie auprès de l’Unesco et de l’OIF, cher M. Ter Stepanian

Chers membres du Cercle,

Chers Amis,

Nous avons le plaisir d’accueillir ce soir Madame Fabienne Reuter, Déléguée générale de la Fédération Wallonie-Bruxelles et Vice-Présidente du Groupe des Ambassadeurs francophones en France. Madame Fabienne Reuter, fidèle soutien et amie du Cercle Richelieu Senghor, a choisi d’intervenir sur le thème « les francophones de Belgique et la Francophonie »

J’ai plaisir à souligner la présence parmi nous ce soir de M. le Délégué aux affaires francophones au MEAE,

Ainsi que des représentantes et représentants

  • De l’Organisation internationale de la Francophonie
  • Du Conseil Economique, Social et Environnemental
  • De la Délégation générale du Québec
  • Du Gouvernement du Nouveau Brunswick

Avant d’aborder le thème de notre soirée, je voudrais vous dire un mot de l’actualité du Cercle.

Le Cercle Richelieu Senghor, qui est, je le rappelle, un espace de réflexion sur la francophonie et le dialogue des cultures.

  • Le 20 mars, Journée internationale de la francophonie, les membres du Cercle étaient invités à participer à la célébration de cet événement au CESE, le Conseil Economique, Social et Environnemental, à l’initiative de Mme Marie-Béatrice Levaux.
  • Le lendemain, 21 mars, j’ai représenté le Cercle à l’Institut de France pour le lancement du Grand prix littéraire du Groupe des Ambassadeurs francophones en France où j’étais convié par Mme Fabienne Reuter.
  • Toujours le 21 mars avait lieu au Collège de France la leçon inaugurale de la chaire de littérature des « mondes francophones » donnée par l’écrivaine haïtienne Yanick Lahens.
  • Enfin je voudrais souligner que Jan Nowak, notre lauréat du Prix Richelieu Senghor 2018 a concrétisé le projet qu’il nous avait présenté ici même début décembre : mettre à la portée des élèves étrangers 10 pièces de Molière ré-écrites par 10 jeunes écrivains francophones invités en résidence pendant 10 jours au château de Brunow en Pologne. Ceci sous le patronage de la Comédie française. Et le succès est au rendez-vous puisque ces textes seront non seulement utilisés pour l’enseignement du français langue étrangère, mais également en France dans des écoles et collèges.

Je voudrais maintenant revenir à notre programme de ce soir : notre invitée, Madame  Fabienne Reuter, Déléguée générale de Wallonie-Bruxelles a choisi d’intervenir sur le thème « les francophones de Belgique et la Francophonie ».

J’ai coutume de dire que le Cercle a pour vocation de refléter la francophonie des 5 continents. Certains penseront peut-être que je ne suis pas allé chercher un continent bien lointain pour illustrer le dîner de ce soir.

Mais je dirai que la Belgique compense son faible éloignement géographique par la richesse de sa contribution à la francophonie. Et les noms des tables, choisis par Fabienne Reuter sont là pour nous le rappeler, s’il en était besoin.

C’est ainsi que la Belgique a imprimé sa marque en littérature (roman,  roman policier, poésie), mais aussi dans la bande dessinée, au cinéma, avec des palmes d’or à Cannes, sans oublier bien sûr l’immense apport belge à la chanson francophone.

Et cette contribution se poursuit, comme en témoigne le programme très fourni du Centre culturel Wallonie-Bruxelles à Paris, qui met en scène toute la vitalité de la création artistique belge contemporaine.

Par ailleurs, vous savez que j’attache beaucoup d’importance à la dimension économique de la francophonie. Là encore la Belgique est présente. Je pourrais citer l’exemple du financier wallon Albert Frère, décédé en décembre dernier, qui a bâti un véritable conglomérat et noué des liens étroits avec les plus grands chefs d’entreprise du Québec et de France.

Et je voudrais décerner une mention particulière au groupe chimique belge Solvay, un des leaders mondiaux du secteur, qui vient de porter à sa tête le mois dernier une femme, une franco-marocaine Madame Ilham Kadri.

Pour finir, l’espace géographique francophone doit aussi beaucoup à la Belgique : la république démocratique du Congo (l’ancien Congo belge) est potentiellement le plus grand pays francophone avec plus de 80 millions d’habitants.

Comme vous le voyez, la Belgique tient une place très significative au sein de la francophonie, et Fabienne Reuter nous en parlera sûrement avec enthousiasme tout à l’heure, mais pour le moment je vous laisse à vos échanges que je souhaite chaleureux et enrichissants.


Biographie de Madame Fabienne REUTER :

Chers amis, le moment est venu de donner la parole à notre amie et membre du Cercle, Madame Fabienne Reuter, mais auparavant je voudrais vous la présenter brièvement,

Chère Fabienne Reuter,

Vous êtes agrégée en Histoire de l’Art et Archéologie de l’Université de Liège.

Je me suis demandé s’il ne fallait pas voir là l’origine de votre engagement pour la francophonie: vous ne vouliez pas qu’on retrouve un jour la langue française au rayon des langues disparues.

Vous avez fait toute votre carrière sous le signe de la francophonie et des relations internationales:

Vous avez commencé comme chef du Département Francophonie à la Communauté Française de Belgique.

Puis vous avez intégré la Délégation générale Wallonie-Bruxelles à Paris, où vous avez gravi les échelons, avant de partir pour la Roumanie en tant que Déléguée générale de Wallonie-Bruxelles à Bucarest.

Vous êtes ensuite revenue à Paris pour y prendre vos fonctions actuelles de Déléguée générale de Wallonie Bruxelles en France.

Je voudrais souligner combien  vous servez la francophonie avec passion.

Je n’en veux pour preuve que le Groupe des Ambassadeurs francophones en France dont vous êtes co-fondatrice.

C’est ainsi que tout récemment encore, le 20 mars dernier, à l’occasion de la Journée internationale de la francophonie à l’Institut de France, Madame Hélène Carrère d’Encausse, Secrétaire perpétuelle de l’Académie française, donnait le coup d’envoi, à votre initiative (conjointe avec Mme Vanessa Lamothe Matignon), d’un prestigieux grand prix littéraire, en présence de M. JB Lemoyne, Secrétaire d’Etat.   

L’action que vous avez menée vous a valu des distinctions importantes, je n’en retiendrai qu’une :

vous êtes officier dans l’Ordre national du Mérite

Et je ne voudrais pas terminer sans rappeler le soutien fidèle et chaleureux que vous apportez au Cercle Richelieu Senghor.

Sans plus tarder, Chère Fabienne, je vous donne la parole.

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