Introduction d’Alban Bogeat :
« Chers membres du Cercle Richelieu Senghor,
Chers amis,
Je suis très heureux de vous retrouver ce soir
Certaines dates invitent à regarder le passé pour mieux comprendre le présent. Le 70ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Tunisie est de celles-là.
Soixante-dix ans après son accession à la souveraineté, l’héritage d’Habib Bourguiba continue d’alimenter la réflexion sur la modernité politique, le développement, la place de l’éducation et le dialogue entre les cultures. C’est à cette réflexion que nous avons souhaité consacrer notre dernière rencontre avant la pause estivale.
Pour nous accompagner dans cet exercice, nous avons le plaisir d’accueillir ce soir M. Yves Thréard, directeur adjoint de la rédaction du Figaro et éditorialiste à BFM TV. Journaliste de terrain, observateur attentif des évolutions du continent africain et du monde francophone, il a choisi de nous entretenir d’un sujet où se croisent histoire et actualité :
« Tunisie : 70ᵉ anniversaire de l’indépendance et nostalgie des années Bourguiba ».
Je voudrais tout d’abord excuser l’absence de Son Excellence M. Dhia Khaled, ambassadeur de la République tunisienne en France, retenu par un engagement en province. Il est représenté ce soir par M. Moustapha Abid, ministre plénipotentiaire, à qui j’aurai le plaisir de donner la parole dans quelques instants pour une brève allocution au nom de l’Ambassadeur.
La Tunisie occupe une place importante dans l’espace francophone. Le président Habib Bourguiba fut l’un des pères fondateurs de la Francophonie institutionnelle, aux côtés de Léopold Sédar Senghor, de Hamani Diori (Niger) et du prince Norodom Sihanouk (Cambodge).
Figure majeure de l’Afrique contemporaine et du monde méditerranéen, Bourguiba a profondément marqué son pays par son combat pour l’indépendance, l’ambition de ses réformes éducatives et sociales, ainsi que par sa conviction que l’ouverture au monde constituait une force plutôt qu’une menace pour l’identité nationale. Cette vision qui lui a valu l’estime de Senghor explique sans doute la place particulière que la Tunisie continue d’occuper dans l’histoire de la Francophonie.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, permettez-moi de revenir brièvement sur notre dernière rencontre, le 14 avril, au cours de laquelle nous recevions le délégué général de l’Association internationale des maires francophones, M. Frédéric Vallier.
À cette occasion, nous avons accordé une place toute particulière à la jeunesse francophone. Dix-sept jeunes ambassadeurs francophones étaient parmi nous, dont douze élèves du lycée bilingue d’Aoste, en Italie. Leur projet de séjour en France consacré à la Francophonie a donné lieu à un reportage qu’elles ont réalisé pour la télévision italienne ainsi qu’à un article publié dans un magazine bilingue du Val d’Aoste.
Nous avons ensuite partagé ces réalisations avec nos membres, mais également avec plusieurs entités francophones confrontées à des enjeux linguistiques comparables (Sarre, Nouveau Brunswick, Louisiane). Les retours ont été très positifs.
Je tenais à rappeler cette initiative car elle illustre pleinement l’une des ambitions de notre Cercle : faire vivre la Francophonie non seulement comme un héritage, mais aussi comme une promesse d’avenir, en créant des passerelles entre les générations, les territoires et les cultures.
Cette dynamique est aujourd’hui reconnue au sein des grandes institutions francophones. J’ai ainsi eu l’honneur de recevoir dernièrement plusieurs invitations émanant notamment de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie pour sa session plénière, de l’Alliance des patronats francophones pour son prochain rassemblement annuel, et de l’Observatoire de la Francophonie économique de Montréal.
J’y vois un témoignage de l’estime dont bénéficie désormais notre Cercle au sein de l’espace francophone.
Cette vitalité se reflète également dans la vie de notre association. Depuis notre dernière rencontre, notre Conseil d’administration a examiné plusieurs candidatures à l’adhésion et admis trois nouveaux membres :
- Mme Fairouz Nouari, écrivaine et éducatrice spécialisée ;
- Mme Nadia Toubi-Eko, chef d’entreprise ;
- et M. Richard Joffo, journaliste et écrivain.
Mme Nouari et Mme Toubi-Eko, qui participent fidèlement à nos activités malgré l’éloignement géographique sont excusées ce soir. Elles rejoignent les nombreux membres qui contribuent à faire du Cercle Richelieu Senghor une communauté ouverte sur l’ensemble de l’espace francophone et non limitée à la seule région parisienne. J’y tiens particulièrement.
Je vais maintenant donner la parole à Richard Joffo afin qu’il se présente brièvement.
(intervention de Richard Joffo)
Je souhaite à Richard Joffo, ainsi qu’à nos deux autres nouveaux membres, la bienvenue au sein du Cercle Richelieu Senghor.
Après ces quelques mots consacrés à la vie de notre association, revenons au thème qui nous réunit ce soir.
À travers l’histoire de la Tunisie et la figure d’Habib Bourguiba, c’est aussi une certaine idée de la modernité, du dialogue entre les cultures et de la place de la Francophonie dans le monde contemporain qui nous est proposée.
Pour introduire nos échanges, je donne maintenant la parole à M. Moustapha Abid, ministre plénipotentiaire à l’Ambassade de Tunisie en France, qui nous transmettra le message de Son Excellence M. Dhia Khaled.
(intervention de M. Moustapha Abid)
Monsieur le Ministre,
Je vous remercie pour votre intervention ainsi que pour le message que vous venez de nous transmettre.
Tout à l’heure la parole sera donnée à M. Yves Thréard, mais auparavant je vous laisse à vos échanges que je souhaite chaleureux et enrichissants.
Je vous remercie pour votre attention
(Après le plat principal)
Chers amis,
Le moment est venu de présenter notre orateur avant de lui donner la parole.
Nous accueillons aujourd’hui M. Yves Thréard, directeur adjoint de la rédaction du Figaro et éditorialiste sur BFM TV, qui a choisi comme thème pour son intervention :
La Tunisie, 70e anniversaire de l’indépendance et nostalgie des années Bourguiba.
Cher Yves Thréard,
Après des études de droit et de lettres modernes, vous faites vos premiers pas dans le journalisme au sein de la presse régionale, au Dauphiné Libéré.
Très vite, votre parcours prend une dimension internationale lorsque vous rejoignez, à Nairobi, au Kenya, le service francophone de Voice of Africa. Vous y couvrez une grande partie de l’Afrique subsaharienne ainsi que l’océan Indien, développant une connaissance approfondie des enjeux politiques et géopolitiques du continent.
De retour en France, vous devenez grand reporter à France-Soir, avant d’en prendre la direction de la rédaction. Vous rejoignez ensuite Le Figaro en tant qu’éditorialiste, puis êtes nommé directeur adjoint de la rédaction, votre fonction actuelle.
Parallèlement à votre carrière dans la presse écrite, vous êtes également une voix et un visage bien connus du paysage audiovisuel français. Chroniqueur régulier sur plusieurs grandes antennes de radio, notamment RTL, Europe 1 et France Info, vous intervenez également sur de nombreuses chaînes de télévision comme i>Télé, La Chaîne Info, La Chaîne Parlementaire, France 5 dans l’émission C dans l’air, ou encore France 2. Et vous êtes aujourd’hui éditorialiste à BFM-TV.
Votre expérience de terrain, votre expertise de la vie politique française et internationale, ainsi que la qualité de vos analyses font de vous l’un des observateurs les plus reconnus de l’actualité.
Au-delà de la biographie que je viens de retracer, il me paraît important de souligner les liens qu’Yves Thréard entretient avec notre Cercle. J’en citerai trois illustrations particulièrement significatives :
- En 2021, à l’occasion du 20ᵉ anniversaire de la disparition de Léopold Sédar Senghor, nous avons publié l’ouvrage collectif L’Héritage de Senghor.
Yves Thréard avait alors tenu à y apporter sa contribution.
- En 2023, lorsque le Musée du Quai Branly a inauguré l’exposition Senghor et les Arts, réinventer l’Universel, nous avons reçu, ici même, son commissaire, M. Mamadou Diouf, en présence de la Secrétaire générale de la Francophonie, Mme Louise Mushikiwabo… Et Yves Thréard était naturellement parmi nous.
- Enfin, et surtout, en 2024, lorsque la bibliothèque privée de Léopold Sédar Senghor s’est trouvée menacée de dispersion, et qu’on m’a alerté quelques jours avant la vente aux enchères, j’ai sollicité Yves Thréard. Dès le lendemain, il publiait dans Le Figaro une tribune intitulée Le cri d’alarme des amis de Léopold Sédar Senghor. Deux jours plus tard, la vente aux enchères était annulée, la bibliothèque reprise par le gouvernement du Sénégal, et Le Figaro pouvait alors titrer : Le cri d’alarme des amis de Senghor… a été entendu !
Cher Yves Thréard, merci d’être parmi nous aujourd’hui. Nous vous écouterons avec grand intérêt.
Sans plus tarder, je vous cède la parole. »
Biographie de Yves Thréard :
Etudes :
- Classes préparatoires à l’Ecole normale supérieure lettres.
- Licence en droit.
- Certificat de droit de l’université de San Francisco.
- Diplôme d’études approfondies (DEA) de lettres modernes sur Diderot.
Journalisme écrit :
- Dauphiné libéré comme localier et aux informations générales (années 1980).
- Reporter à la Voice of Kenya et à la Voice of Africa (service français), en poste à Nairobi (pays couverts : Soudan, Ethiopie, Somalie, Ouganda, Kenya, Tanzanie, Burundi, Rwanda, Malawi, Mozambique, Madagascar, Maurice, Seychelles).
- Grand reporter à France-Soir puis directeur de la rédaction (1997-2000).
- Editorialiste et directeur adjoint de la rédaction du Figaro (depuis 2000).
Journalisme audiovisuel :
- Chroniqueur régulier et contractuel, de 2004 à 2024, successivement sur plusieurs radios (RTL, Europe 1, France Info) et télévisions (iTélé, LCI, LCP, France 5/C dans l’air, France 2).
- Deux collections d’une vingtaine de Grands entretiens chacune pour LCP (visibles sur YouTube) : « Une certaine idée de la France » et « Afrique, souvenirs et avenir ».
- Actuellement sous contrat à BFMTV et Public Sénat.
Distinctions et livre :
- Prix Roland-Dorgelès 2018.
- Récompensé en 2023 des Lauriers de l’audiovisuel pour ces Grands entretiens sur LCP.
- Livre : Une certaine idée de la France, éditions du Rocher, 2022.
Juré Prix littéraires :
- Prix du livre d’économie,
- Prix des Hussards,
- Prix de la Pensée libre,
- Prix de la Gendarmerie.







