M. le Professeur Pierre MUTZENHARDT / La coopération universitaire transfrontalière : vecteur du plurilinguisme et de la diversité des cultures – l’exemple de l’Université de la Grande Région

Professeur Pierre MUTZENHARDT
Professeur Pierre MUTZENHARDT

Introduction d’Alban Bogeat :

Excellence, M. l’Ambassadeur d’Allemagne, représenté par M. Michael JASPERS,
Chers membres du Cercle,
Chers Amis,

Je suis ravi de vous retrouver ce soir, en ce dîner de rentrée, pour accueillir Monsieur le Professeur Pierre MUTZENHARDT, Président de l’Université de Lorraine, Président de l’Université de la Grande Région.
Cher Professeur MUTZENHARDT, nous sommes très honorés que vous ayez répondu favorablement à notre invitation.
Vous avez choisi de traiter de « la coopération universitaire transfrontalière, vecteur du plurilinguisme et de la diversité des cultures ; l’exemple de l’Université de la Grande Région »
L’Université de la Grande Région (vous nous en parlerez plus en détail), j’y ai été sensibilisé en février dernier, lors de la célébration de son 10ème anniversaire, à l’ambassade d’Allemagne à Paris.
Cette université se situe au cœur de l’Europe, à la croisée des frontières de 4 pays (F, D, B, Lux), elle regroupe 6 universités et dispense ses enseignements en 3 langues (français, allemand et anglais). Voilà qui est tout à fait en phase avec l’objet même du Cercle Richelieu Senghor, espace d’échange et de réflexion sur la francophonie et le dialogue des cultures. Le Cercle est très attaché au plurilinguisme, et je voudrais d’ailleurs souligner la présence parmi nous ce soir du Président de l’Observatoire européen du plurilinguisme, M . Christian TREMBLAY.

Je présenterai tout à l’heure le Professeur MUTZENHARDT avant de lui donner la parole, mais auparavant je voudrais vous tenir informés de l’actualité du Cercle.

L’actualité du Cercle, c’est tout d’abord celle de ses membres et à ce titre je voudrais souhaiter la bienvenue à Mme Claire DERONZIER , dans ses nouvelles fonctions de Déléguée aux affaires multilatérales à la Délégation générale du Québec.

Je voudrais ensuite évoquer plusieurs événements auxquels j’ai été invité à représenter le Cercle depuis notre dernier dîner:

  • Le 24 juin c’était la fête nationale du Québec, l’occasion pour moi de rencontrer la nouvelle Déléguée générale du Québec en France, Mme Michèle BOISVERT,
  • Le 30 juillet j’étais invité par SE l’ambassadeur du Maroc, à la réception donnée en l’honneur du 20ème anniversaire de l’intronisation de Sa Majesté le roi Mohammed VI.
  • Plus près de nous, le 9 septembre, j’ai participé à l’inauguration de la Maison de la Région Grand Est et du Land de Sarre, à Paris, Bd St Germain, une autre illustration du rôle de passerelle entre les nations et les cultures que joue cette région transfrontalière.
  • Enfin le 16 septembre au Sénat j’étais invité par la DGLFLF (dont je vous rappelle que nous avons reçu le responsable, M. Paul de SINETY à notre dîner de juin) j’étais invité, donc, à la 1ère réunion de l’Observatoire des Pratiques linguistiques consacrée aux langues des Outre-mer. Savez-vous que l’on recense pas moins de 50 langues en usage dans nos départements et collectivités d’Outre-mer (dont 28 pour la seule Nouvelle Calédonie) ?

Au-delà de cette activité de représentation, l’été a été marqué par une contribution du Cercle dont j’ai plaisir à vous informer. J’ai été alerté début juin par une ancienne lauréate du Prix Richelieu Senghor. Elle attirait mon attention sur le cas d’un professeur congolais M. Alain KISENA chargé depuis 10 ans d’enseigner le français dans un vaste camp de réfugiés situé en Tanzanie. Ce professeur avait obtenu un stage de formation aux nouveaux outils d’apprentissage du français organisé par TV5 Monde à Nantes en juillet, mais il lui restait à trouver le financement de son aller-retour depuis Dar-es-Salam. Le Cercle n’a pas vocation à faire de l’humanitaire, et n’en a pas non plus les moyens. Je rappelle que le Cercle est une association non subventionnée, dont les seules ressources sont les cotisations de ses membres.
Fallait-il pour autant abandonner M. KISENA à son sort ? Sachant que la RDC (pays d’origine de ces réfugiés) est potentiellement le 1er pays francophone au monde, avec plus de 80 millions d’habitants. Une population très jeune, des besoins immenses en matière d’enseignement. Et M. KISENA est beaucoup plus qu’un simple professeur puisqu’il forme des enseignants. Il a donc un rôle démultiplicateur.
Nous avions peu de temps pour réagir, et après quelques tentatives infructueuses, j’ai finalement trouvé un montage avec le concours de RFI (Radio France internationale) qui connaissait bien M. KISENA. Ainsi, grâce à une belle coopération francophone entre notre partenaire TV5Monde, RFI et le Cercle nous avons pu parvenir à ce qui paraissait inespéré : permettre à ce professeur de venir suivre son stage de 2 semaines à Nantes.

De plus cet épisode m’a fait prendre la mesure d’un de ces drames humains dont les media ne parlent pas : 140.000 réfugiés ayant fui la guerre civile dans l’est du Congo, parqués depuis 10 ans dans un camp en Tanzanie, où le HCR leur distribue 5 produits de base (eau, huile, farine, riz, savon) et pour le reste ils doivent se débrouiller. 10 ans que ça dure, cela signifie qu’il y a des enfants qui passent toute leur scolarité dans ce camp.

C’est ce que m’a expliqué brièvement M. KISENA sur son trajet de retour, entre sa descente de TGV à Montparnasse et le départ de sa navette pour l’aéroport. J’ai trouvé là une personnalité extrêmement motivée qui ambitionne même d’étendre son action de formation vers d’autres pays d’Afrique de l’Est (anglophones) confrontés m’a-t-il dit à un manque cruel de professeurs de français qualifiés.
Je pense que nous pouvons être fiers que le Cercle ait ainsi contribué à apporter à M. KISENA le soutien dont il avait besoin.
Et je voudrais saluer la présence parmi nous ce soir de celle qui m’a alerté sur son cas, linguiste, professeure d’université, auteure de nombreux ouvrages et lauréate du Prix Richelieu Senghor 2009, Madame Henriette WALTER.

Voilà pour l’actualité du Cercle depuis notre dîner de juin.
Je présenterai tout à l’heure le Professeur Pierre MUTZENHARDT avant de lui donner la parole, mais pour l’heure je vous laisse à vos échanges que je souhaite chaleureux et enrichissants.

Livre d'or du Cercle du 24 09 2019
Livre d’or du Cercle du 24 09 2019
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